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Climat et énergie : les entreprises réussissent

Nathalie Hardyn
Posté le 16/12/2013
Opinions

La lutte contre le réchauffement climatique est un enjeu pris au sérieux par les milieux économiques. Depuis 2005 déjà, ils agissent sur une base volontaire, notamment grâce à la Fondation Centime Climatique, qui se finance par une redevance prélevée sur toutes les importations d’essence et de diesel. Les quelque 100 millions de francs ainsi récoltés annuellement ont permis de financer toutes sortes de mesures en Suisse et à l’étranger : réduction des émissions de CO2 des bâtiments, promotion des énergies renouvelables dans le domaine des carburants et des combustibles, réduction des émissions dans le secteur industriel, etc. D’autre part, la Fondation a apporté sa contribution à des fonds existants ou directement acheté des certificats de réduction d’émissions auprès de tiers (essentiellement dans les domaines de la production d’électricité renouvelable et de captage de gaz de décharge).

 

Pour la période de 2008 à 2012, les réductions d’émissions réalisées en Suisse ont atteint 2,7 millions de tonnes de CO2 et 16 millions de tonnes équivalent1 CO2 à l'étranger. L'objectif de réduction de 17 millions de tonnes que la Fondation avait convenu avec la Confédération est donc dépassé.

 

De son côté, l'Agence de l'énergie pour l’économie (AEnEC), forte de 2500 entreprises adhérentes, est parvenue à leur faire économiser près de 1,4 million de tonnes de CO2 et plus de 1,4 million de MWh d'électricité grâce à des mesures d'assainissement qui, de surcroît, se sont révélées rentables. La première loi sur le CO2, applicable jusqu'à fin 2012, obligeait les entreprises à réduire leurs émissions dues aux combustibles de quelque 15 % par rapport à 1990. Un objectif que les participants de l'AEnEC ont largement dépassé, puisqu'ils ont atteint 25 % à fin 2012.

 

La Suisse est loin d’être un mauvais élève dans la lutte contre les émissions de CO2. Elle est responsable de 0,2 % des émissions mondiales et les émissions par habitant s’élèvent à 4,7 tonnes par an. Pourtant, elle ne relâche pas ses efforts puisqu’en 2014, la taxe prélevée sur les combustibles fossiles sera presque multipliée par deux. Plus la législation climatique et énergétique se durcira, plus il sera indispensable de renforcer le dialogue avec l'économie et la coopération avec les entreprises. Comme les quelques chiffres ci-dessus en témoignent, il s'agit là d'un pari gagnant.

 

 1 Il existe plusieurs gaz à effet de serre. Le gaz carbonique (CO2) est le plus connu et le plus courant. Mais d’autres gaz, naturels ou artificiels, ont le même effet, avec cependant une action plus ou moins marquée. Par exemple, 1 kg de méthane, gaz issu des fermentations organiques, agit comme l’équivalent de 21 kg de CO2, et 1 kg de dioxyde d’azote comme 310 kg de CO2. L’ensemble des gaz issus d’un processus de fabrication est ainsi transformé et exprimé en une unité unique dite équivalente. Cette méthode dite des équivalences est utilisée pour exprimer d’autres impacts consécutifs à l’action combinée de plusieurs gaz distincts, comme l’acidification atmosphérique, en kg équivalent dioxyde de soufre (SO2), ou l’épuisement des ressources naturelles, en kg équivalent antimoine.

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