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Médias de service public : un investissement à long terme !

Alexandra Rys
Posté le 14/02/2018
Opinions

La liberté commerciale est-elle mère de toutes les vertus ? C’est la question que pose l’initiative « No Billag », qui entend supprimer les subventions publiques directes octroyées à la Société suisse de radiodiffusion et, par la même occasion, biffer de la Constitution la notion de service public en matière de radio et de télévision. Le raisonnement derrière cette proposition est que le marché des médias deviendrait ainsi plus libre et plus compétitif, ce qui profiterait au public. Du coup, ce dernier ne paierait que ce qu’il consomme.

Or, les redevances permettent la création d’une offre de programmes, reportages, fictions et divertissements adaptés aux régions linguistiques et à la mentalité helvétique. Sans parler des facilités destinées à des minorités telles que le sous-titrage pour malentendants et le recours à la langue des signes.

Leur suppression aurait pour conséquence de livrer le marché à de puissants groupes d’information étrangers, sans implantation locale, qui assureraient sans doute la diffusion d’émissions, mais pas leur création. Il est intéressant de constater comment, dans une démocratie éprouvée comme celle que pratique la Suisse, certains se méfient des « médias d’Etat ». A l’heure des « fake news », il paraît pourtant évident que la qualité des contenus doit être une priorité. Et quelle garantie de qualité offrent ces grands groupes étrangers ?

La notion même de libre marché est, dans ce cas, un leurre. Car la suppression des redevances affectera jusqu’à 50% du financement de 25 médias privés (voir à ce sujet l’interview d’Alexandre de Raemy, directeur général de Media One Group et membre du Conseil de la CCIG, parue dans CCIGinfo n°2, février 2018).

Comme souvent, la vérité se trouve à mi-chemin : s’il est clair qu’un monopole d’Etat sur l’information et les contenus audiovisuels est néfaste, laisser le champ libre aux seuls opérateurs privés coûterait cher en terme de cohésion nationale. C’est donc NON à No Billag le 4 mars prochain !

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