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Cataclysme pour le tourisme

CCIG
Posté le 29/04/2020
Opinions

Le grand feu d’artifice de Genève n’aura pas lieu en 2020. Même si cette annonce n’est qu’une demi-surprise, le choc est immense pour Genève et les 500 000 personnes qui se pressent chaque année sur les rives du lac pour s’émerveiller devant ce spectacle grandiose. Pour ceux qui en doutaient encore, cette annulation témoigne du cataclysme provoqué par l’épidémie de coronavirus sur le secteur du tourisme, à Genève et dans la Suisse tout entière.

 

La branche du tourisme, des restaurants, des hôtels et des agences de voyage se bat pour survivre. Si l’on en croit le tout récent sondage publié par ebookers, un peu plus de la moitié des Suisses prévoit tout de même de voyager cet été. Si les frontières restent fermées et les avions cloués au sol pendant une période prolongée, la Suisse devrait être leur destination privilégiée, une petite consolation pour le secteur du tourisme intérieur. En revanche, pour les agences de voyage et les régions fortement dépendantes du tourisme international, l’inquiétude est immense, et les autorités fédérales n’ont toujours pas de solution.

Les représentants du tourisme attendent du Conseil fédéral qu’il communique rapidement sur les étapes, les dates et les conditions pour débuter la saison d’été. Souffrant d’un manque de liquidités important, le secteur demande également que des discussions soient menées sur un train de mesures d’aide supplémentaire, en particulier à destination des agences de voyage. Celles-ci sont effectivement dans une situation extrêmement difficile car leur activité se concentre sur l’organisation de voyages internationaux. Elles sont ainsi en grande partie tributaires de la réouverture des frontières : une réouverture qui ne semble pas actuellement à l’ordre du jour, ni en Suisse ni dans les autres pays du monde confrontés à cette crise. La décision, ce jour, d’une commission du Conseil national de suspendre jusqu’au 30 septembre 2020 les poursuites pour la branche des voyages pourrait offrir un peu de répit.

Le report attendu sur le marché touristique domestique devrait permettre de limiter les dégâts dans les régions de montagnes, prisées par les touristes suisses. Il n’en va pas de même pour les villes et pour Genève en particulier, fortement dépendantes du tourisme international. «Avec la situation actuelle et l’incertitude internationale, le tourisme à Genève va encore souffrir longtemps de cette crise majeure. Nous allons encourager les Suisses à (re-)découvrir leur pays», clame Sophie Dubuis, présidente de Genève Tourisme.

 

Dans l’expectative d’une réouverture des frontières internationales dans les prochains mois, il s’agira également de donner confiance aux hôtes potentiels afin qu’ils réservent des séjours en 2020. Ce regain de confiance ne pourra avoir lieu qu’à condition d’une annonce claire de la part des autorités sur un plan de retour à la normale. «Si la santé des citoyens prédomine, l’économie est aussi essentielle. L’activité de Palexpo est très diverse. Les foires et salons par exemple s’apparent d’avantage à des centres commerciaux. En permettant la tenue de ce type d’événements, l’activité des hôteliers, des restaurateurs et de beaucoup d’autres métiers est ainsi possible. Notre souhait est de nous y remettre le plus tôt possible et de jouer notre rôle de promoteur économique endogène», explique pour sa part Claude Membrez, directeur général de Palexpo Genève.

Un plan de relance, en cours de finalisation et d’approbation, est attendu pour le 8 mai. Si celui-ci devrait clarifier le sort des acteurs de ce secteur, les autorités se doivent de prendre en compte les besoins spécifiques des agences de voyages et des régions tributaires du tourisme international. C’est en effet la survie de nombreuses agences, et donc de milliers d’emploi, qui est en jeu. C’est également l’argent des clients ayant réservés des prestations et qui demandent légitimement un report de leurs vacances. Malgré les offres d’agences en ligne, le maintien des petites agences ayant pignon sur rue devrait être considéré. Elles restent en effet appréciées par de nombreux clients pour la qualité de leurs services, leur réactivité et l’écoute dont elles savent faire preuve. «Cette crise a démontré que la Suisse doit se maintenir, voire gagner en autonomie sur certains services et produits», conclut Olivier Emch, président du Groupement des Agences de Voyage de Genève.

Afin de faciliter la reprise de tout le secteur, des négociations doivent être entreprises rapidement afin de coordonner une réouverture progressive des frontières, en particulier entre les pays se trouvant dans une situation épidémiologique similaire à la Suisse. Cette réouverture se doit d’être réfléchie et doit bien entendu prendre en compte les besoins sanitaires afin de ne pas contribuer à l’émergence d’une deuxième vague d’infection : un scénario redouté par tous et dont les conséquences seraient dramatiques pour toute l’économie.

1 commentaire

Marc Sneiders
Posté le 30/04/2020
Je trouve que supprimer les feux d'artifice est une bonne chose. Le faire en raison des risques de transmission du COVI 19 me laisse perplexe, car au-delà d'une réjouissance visuelle certaine, les feux d'artifice de Genève sont une explosion de matières polluantes. Les questions que je me pose sont les suivantes : Pourquoi les organisations liées au tourisme ont ignoré cette notion (cela fait plusieurs années que l'on parle de protection de l'environnement) ? Pourquoi n'ont-elle pas encore étudié des alternatives (n'est-ce pas le rôle d'organisations faitières que d'élaborer des pistes stratégiques) ? Comment peut-on justifier la dispersion de matière polluante dans l'environnement pour attirer des touristes ? Comment peut-on attirer les touristes avec des propositions d'animation orientées convivialité et partage plutôt que consommation passive ? Je vous remercie pour l'attention portée à mon commentaire. Marc Sneiders

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