Go to ccig.ch
  ou Login MyCCI
X
Menu
Event type

Les RMD soufflent déjà leurs dix bougies !

Nicolas Grangier
Published on 15/12/2021
CCIGInfo Article

Un événement célébré à la HEG-Genève, sur le site de Battelle, a permis de marquer les dix ans des Rencontres du Management durable (RMD) devant 250 participants. L’occasion aussi d’aborder des sujets diversifiés lors de brèves tables rondes.

« Créer ces Rencontres en 2011 était une bonne intuition » s’est félicité le directeur de la HEG-Genève Andrea Baranzini, qui a participé aux débuts de ce concept aux côtés de Nathalie Hardyn, directrice du département politique de la CCIG, et évidemment de Rémy Zinder, initiateur de l’idée en tant que directeur du Service cantonal du développement durable. En tout, 37 événements se sont tenus depuis lors, autour d’une formule efficace de partage d’expériences d’entrepreneurs.

L’urgence climatique nécessite des mesures

La première des tables rondes abordait le climat comme enjeu stratégique pour les entreprises. Responsable Qualité à Neo Advertising, Laura Affolter a démontré que l’engagement dans une stratégie durable avait permis à cette agence de communication extérieure de décrocher un mandat dans un appel d’offres. « Il faut trouver des actions pour réduire les émissions polluantes de manière permanente, et pas uniquement se tourner vers des compensations écologiques », souligne-t-elle. Une manière de contribuer à faire de Genève une Smart City exemplaire.

SIG est sans doute l’une des entreprises les plus engagées dans la transition durable. Avec son Programme éco21, elle incite particuliers et entreprises à réduire leurs émissions polluantes, à consommer de façon responsable et à suivre une série d’actions concrètes. « Un encouragement ne suffit pas toujours, un accompagnement est souvent nécessaire » fait comprendre la directrice d’éco21, Pascale Le Strat. Au niveau du bâti genevois, les efforts menés ces dernières années ont surtout permis de ne pas aggraver la situation, mais pas encore d’arriver à des réductions significatives. « Vu l’urgence climatique, il faut penser à renouveler le parc immobilier vieillissant au lieu de prendre de petites mesures d’efficience énergétique ».

Longtemps associée à une industrie polluante, l’imprimerie a parfois bien réussi son virage environnemental, comme Atar Roto Presse à Satigny. « C’est en découvrant l’impact écologique désastreux de certaines machines, dont les ordinateurs, que nous avons décidé d’agir vigoureusement sur la consommation d’énergie » indique Nicolas Grand, son directeur projets et développement. Une démarche d’autant plus louable que ce secteur a subi de plein fouet la crise pandémique et le bouleversement du métier de l’imprimerie. Une question du public a permis d’aborder le problème de l’inflation actuelle des prix des matières premières qui pousserait plutôt à favoriser à terme les pratiques environnementales. Des répercussions sur les clients semblent par ailleurs inévitables, estiment les panélistes.

La diversité fait la force

Lors de la deuxième table ronde, la diversité en entreprise est abordée par quatre panélistes. La maison Caran d’Ache est depuis longtemps « à la pointe » en la matière. Spécialisée dans le matériel d’écriture, elle a été l’une des premières en Suisse à engager des personnes en situation de handicap, issues en l’occurrence des EPI*, indique sa présidente Carole Hubscher.

Couronnée récemment par le premier Prix de l’Egalité, l’entreprise de services en ressources humaines Loyco avait une certaine légitimité à venir témoigner. Son co-fondateur Christophe Barman fait partie des 110 « Loycomates », des collaborateurs qui travaillent selon un horaire « à la confiance » et sans hiérarchie. Un coaching initial s’impose, explique-t-il, pour tirer au mieux profit de cette liberté inhabituelle et forcément déstabilisante dans la prise de responsabilité. Un minimum de ressources est aussi nécessaire pour qu’une petite entreprise puisse « se permettre » ce type de fonctionnement. Christophe Barman a poussé plus loin la réflexion : il a relevé la difficulté dans les sociétés à alléger un cahier des charges établi pour une classe salariale élevée, car bien souvent les statuts d’entreprise mettent en corrélation ces tâches avec la rémunération correspondante.

Dans les études d’avocats aussi, on se soucie de diversité. C’est le cas du moins à Eversheds Sutherland, composée d’un réseau de 3500 spécialistes qui véhiculent au quotidien des valeurs de durabilité. L’un de ses associés (par ailleurs trésorier de la CCIG), Olivier Dunant, est fier de l’égalité salariale mise en place à plusieurs échelons dans son institution, devançant même les actuelles démarches des autorités fédérales.

« Credit Suisse a développé une stratégie d’inclusion à tous les échelons et pour chaque profil. Un accompagnement est le plus souvent proposé à ceux qui veulent participer à l’un des nombreux programmes de l’entreprise », affirme Maryse Gabbay, la responsable genevoise Diversity & Inclusion. Un pari pas évident à tenir pour une banque commerciale de 48 000 collaborateurs issus de tous horizons. Mais le jeu en vaut la chandelle, à en croire Maryse Gabbay, car la productivité s’en trouve améliorée. Répondant à une question du public sur la prise en compte des plus de 50 ans, elle a cité la récente mise en place d’un programme d’échanges de compétences à l’interne de la banque entre jeunes et seniors.

Certifier une démarche responsable

La dernière table ronde évoquait les labellisations RSE, processus devenu monnaie courante auprès des entreprises, même si certaines hésitent à se lancer. Trois sociétés labellisées sont venues défendre le bienfondé de la démarche. Liaudet-Pial, une entreprise lémanique de canalisations, a porté ses efforts sur son cœur d’activités, en l’occurrence les réseaux d’eau. « Nous sommes moins bons élèves concernant notre flotte de véhicules lourds » admet son administrateur délégué Claude Lelièvre. Liaudet-Pial avait d’abord envisagé d’obtenir une « simple » certification ISO parmi d’autres avant de bifurquer vers la certification EcoEntreprise, l’une des plus poussées en la matière, pour mener la démarche dans son ensemble. Avec neuf apprentis, elle joue à fond la carte de la formation professionnelle.

La société lyonnaise SGAME, spécialisée dans les cartes de transport personnalisées, a été estampillée « Engagé RSE ». C’est l’une des rares entités à avoir intégré l’ensemble des normes ISO 9001, 14 001 et 26 000. « Un effort conséquent, mais qui reflète les valeurs historiques de qualité poursuivies depuis des décennies par notre société familiale », relève sa présidente Guillaumette Lecante. Chez SGAME, les horaires libres introduits depuis longtemps ont permis d’accroître la productivité.

Naef Immobilier est sur le point d’être labellisée B Corp. Pour son directeur général Etienne Nagy, « la démarche se veut avant tout structurante dans la gestion interne » de cette régie genevoise de 385 collaborateurs. Chacun d’entre eux est appelé à s’impliquer pour un même but, ce qui n’est pas toujours évident à réaliser. Mais l’investissement consenti pour le coût de l’audit est rapidement rentabilisé. « Actuellement, nous nous impliquons aussi dans la gouvernance sociale des écoquartiers genevois », conclut Etienne Nagy.

* Etablissements publics pour I’intégration


La finance sera durable … ou ne sera pas

« La durabilité, un déterminant essentiel au 21e siècle » constituait le thème évoqué en préambule par Sandrine Salerno, directrice de Sustainable Finance Geneva (SFG). Lors de sa création en 2008, cette association s’était donné deux objectifs : faire connaître la composante socio-environnementale de la finance et favoriser la rencontre entre la finance et les organisations internationales. Les enjeux de biodiversité et d’inégalité sociale ont surtout connu une accélération ces dernières années. « Même après les Accords de Paris en 2015, le rapport inquiétant du GIEC sur la hausse des températures n’avait toujours pas été perçu à sa juste valeur » relève Sandrine Salerno. La finance responsable met en jeu trois aspects : celui du rendement, de la gestion des risques et de l’impact global. En cela, l’événement Building Bridges imaginé par SFG depuis 2017 – et soutenu par la CCIG - cherche à réunir des acteurs complémentaires qui œuvraient jusqu’alors côte à côte. Genève a, en tous cas, les qualités pour se positionner comme un pôle mondial des standards de la finance durable.

 


Un DAS pour ancrer la RSE dans l’entreprise

Co-fondatrice des Rencontres du Management durable, la CCIG soutient également financièrement le diplôme de formation continue en Management durable de la Haute école de gestion de Genève.

Destinée aux cadres, professionnels et managers appelés à mettre en œuvre une stratégie de bonne gouvernance intégrant les principes du développement durable, cette formation vise à donner au participant les savoirs, les méthodes et les outils lui permettant de fonder une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).


Les Membres de la CCIG bénéficient d'un rabais de 5% sur toute inscription pour le programme complet et de 10% pour un module isolé.

Pour en savoir plus

 

 

0 comment


Comments are moderated