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Le Maroc, porte d’entrée prometteuse vers l’Afrique

Béatrice Ojeda
Published on 25/07/2022
CCIGInfo Article

Lors d’un récent Market Focus dédié au Maroc organisé à la CCIG, les attraits de ce pays du Maghreb en pleine croissance ont été mis en avant. Des représentants des mondes politique et économique ont pu en témoigner, chiffres à l’appui.

Le Maroc est apprécié par les touristes pour son climat, ses villes impériales et la gentillesse de ses habitants mais il possède également de nombreuses facettes économiques méconnues qui méritent d’être explorées, a indiqué en préambule Guillaume Scheurer, ambassadeur de Suisse au Maroc. Ce pays d’Afrique du Nord est pourtant le troisième partenaire commercial de la Suisse en Afrique. La récente rencontre entre le roi Mohamed VI et le conseiller fédéral Ignazio Cassis a jeté les prémices d’un vaste programme de coopération accrue dans tous les domaines. Aux yeux de l’ambassadeur, les atouts du royaume sont multiples : un dynamisme remarquable, des infrastructures modernes, une stabilité politique et économique permettant de se projeter sereinement dans l’avenir, un emplacement géostratégique privilégié pour toute relation avec l’Afrique et le monde arabe ainsi que des universités et centres de recherche extrêmement performants. Les conditions cadre favorables aux investissements créent des opportunités d’affaires jusque dans le Sud marocain, notamment dans l’agro-industrie, les biotechnologies, les télécommunications, le tourisme durable, l’aéronautique, le domaine médical et le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Lahcen Azoulay, ambassadeur du Maroc en Suisse, a pour sa part mis en avant l’excellence des relations entre les deux Etats, attestée par la conclusion de solides accords de coopération économique et la présence d’une soixantaine d’entreprises helvétiques sur sol marocain, parmi lesquelles plusieurs fleurons.

Un pays qui a tout pour plaire

Pourquoi investir au Maroc aujourd’hui ? C’est autour de cette question qu’Ali Mehrez, chargé de mission à la direction générale de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), a développé son argumentaire : le Maroc est résolument « pro-business », compétitif et durable. Contrairement à de nombreux Etats, son taux d’inflation est très bien maîtrisé (il est maintenu en dessous de 2% depuis 2010) et son produit intérieur brut a triplé en 20 ans (113 milliards de dollars en 2020). Son nouveau modèle de développement lui confère d’indéniables atouts, relève Ali Mehrez, citant les nombreux accords de libre-échange en vigueur (avec plus de 50 pays, dont les Etats-Unis), l’absence de restriction sur les capitaux pour les non-résidents ainsi que le rapatriement libre des profits et capitaux pour les non-résidents. Ali Mehrez a également souligné l’existence de subventions gouvernementales et de zones économiques spéciales.

Le Maroc, qui conjugue tradition et modernité, est l’une des premières places financières africaines, a rappelé fièrement Lamia Merzouki, directrice générale adjointe de Casablanca Finance City, une plateforme financière composée de 200 membres issus de 50 pays continentaux. « Si l’on additionne le recrutement rapide de talents, les procédures administratives facilitées et les autorisations accélérées, l’environnement des affaires s’y révèle très favorable ». Le fait que de nombreuses multinationales y aient établi leur siège régional en est la meilleure preuve.

Tanger, un port incontournable

Au tour ensuite de Mehdi Tazi Riffi, directeur général de Tanger Med Port, d’évoquer les contours du plus grand port de Méditerranée, véritable hub de la logistique africaine. Avec 138 millions de tonnes, 100 000 mouvements de containers et six millions de passagers par année, il représente 20% du trafic maritime mondial. Situé à l’entrée du détroit de Gibraltar, au seuil de l’Afrique et de l’Europe, portique entre la Méditerranée et l’océan Atlantique, son emplacement est stratégique. Pilier industriel, le groupe gère un important réseau de parcs industriels et logistiques.

SGS est l’une des nombreuses multinationales à avoir compris les atouts du Maroc en y installant une filiale. Le directeur général de cette dernière, Guy Escarfail, a évoqué une véritable success story : encouragé par la transformation digitale, le leader mondial de la surveillance et de la certification opère aujourd’hui dans sept domaines d’activité et compte 45 bureaux, centres techniques et laboratoires dans le royaume, avec un capital humain de plus de 400 employés. Il a plusieurs projets stratégiques au Maroc, parmi lesquels l’accélération industrielle, les énergies à faibles émissions de carbone et la modernisation des services publics.

Un corridor logistique intéressant

À l’heure des questions-réponses, plusieurs thèmes ont émergé, dont l’importance du tunnel ferroviaire du Gothard dans l’axe commercial nord-sud vers les lignes maritimes Marseille-Tanger. Il a aussi été souligné que, s’agissant du Maroc, l’industrie romande avait une longueur d’avance sur l’industrie alémanique grâce au dénominateur commun que constitue la langue française.

« Genève peut se profiler comme un acteur privilégié par son réseau international, son pôle d’innovation et la présence d’acteurs mondiaux », a conclu Vincent Subilia, directeur général de la CCIG. Christophe De Figueiredo, président de la Chambre de commerce suisse au Maroc (CCSM), coorganisatrice de l’événement, s’est aussi exprimé lors de ce séminaire. Il a notamment indiqué que Switzerland Global Entreprise aura bientôt un représentant officiel au Maroc et a rappelé que la CCIG et la CCSM ont signé l’année dernière un accord de collaboration qui bénéficiera aux membres des deux chambres.

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