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Le nord de l'Europe inspirateur de solutions

CCIG
Published on 20/07/2022
CCIGInfo Article

La délégation économique qui a emmené à Hambourg, Stockholm et Copenhague deux douzaines de participants a permis de nombreuses expériences enrichissantes. La CCIG a posé quatre questions aux participants :

  1. Quels étaient vos objectifs en vous inscrivant à cette délégation économique ?
  2. Vos objectifs ont-ils été atteints ?
  3. Si vous ne reteniez qu’un élément de votre visite, quel serait-il ?
  4. Avez-vous découvert dans les pays visités une conception différente de l’innovation et de la durabilité que celle qui prévaut en Suisse ? Si oui, merci de développer.

Voici leurs témoignages.

Fabienne Fischer, Conseillère d’Etat chargée du département de l'économie et de l'emploi (DEE), République et Canton de Genève

  1. Après deux ans de pandémie, pouvoir emmener une délégation avec des entrepreneuses et entrepreneurs, ainsi que les principaux organismes du dispositif genevois de soutien au tissu économique, me tenait particulièrement à cœur.
  2. Oui, les pratiques et les exemples de mise en œuvre découverts dans les pays du Nord ont été très éclairants.
  3. La visite du port de Hambourg, de par son envergure, a été très impressionnante. Mais je retiendrais la présentation de Lego, qui illustre bien à quel point les enjeux environnementaux ont un impact sur les modèles d'affaires des entreprises. L'utilisation du plastique, composant des fameuses briques, est identifié comme risque majeur par la direction. La pérennité de la société et son succès dans les années à venir dépendront de sa capacité à anticiper et à agir pour sortir des énergies fossiles, développer l'écoconception et penser son modèle économique sur une base circulaire.
  4. Ce qui m'a marquée lors de nos différentes visites, c'est à quel point durabilité et innovation sont désormais indissociables pour les entreprises. La convergence des intérêts économiques et des priorités politiques pour relever ce défi environnemental m’a également impressionnée. Les entreprises et les pouvoirs publics sont non seulement conscients de l'urgence climatique mais ils la prennent comme une opportunité pour être les premiers et servir d'exemple. Ce voyage aura aussi montré une image forte et plurielle de Genève grâce à la collaboration entre l’économie traditionnelle et l’économie sociale et solidaire.

 

Stéphane Couderq, CEO, Topomat

  1. Il s’agissait de découvrir de nouveaux cas d’usages au sein de villes étrangères, de connaitre les avancements organisationnels et technologiques de ces villes européennes du nord de l’Europe dans le domaine du développement durable. Le but était également de faire connaissance avec des acteurs majeurs dans le domaine de l’innovation sur le Canton de Genève (membres de la délégation) et de partager nos expériences.
  2. Oui, au-delà de mes espérances.
  3. Je pense que la visite du port d’Hambourg a été un moment fort. Se rendre compte sur un seul et même site des signes concrets de la mondialisation.
  4. Il est difficile de juger globalement des différences sur le fond entre la Suisse et l’Allemagne ou le Danemark. Par contre, j’ai ressenti que ces pays nordiques apportent une importance particulière à la communication des actions entreprises dans le domaine de de la durabilité. Cette communication (souvent très bien faite) permet probablement de mieux expliquer à la population (ou à des clients dans le cas d’entreprises) les effets bénéfiques de ces politiques vertes et donc de les faire accepter au plus grand nombre.

 

Steeve Ray, fondateur, BKST Architectes SA

  1. Je perçois mon métier d’architecte comme rattaché à l’ensemble des composants qui font notre environnement. Il faut arpenter les territoires avec une vision holistique où toutes les informations sont bonnes à prendre. En matière de territoire, Hambourg, Copenhague et Stockholm sont des villes que j’ai visitées régulièrement. L’objectif était d’en mesurer les mutations urbaines, de voir comment ces villes ont concrétisé les enjeux environnementaux.
  2. Oui, la délégation a permis de visiter ces villes sous l’angle social et économique. Elle a également offert l’occasion d’accéder à des lieux particuliers, port de Hambourg, porte-conteneurs, sièges de sociétés et ambassades.
  3. La visite du nouveau quartier de Port-Royal de Stockholm a permis de constater la capacité des services d’urbanisme de Stockholm à faire de la ville sur des friches. Nous avons marché dans de vraies rues avec des petits commerces et traversé des cours végétalisées (voir par exemple https://vaxer.stockholm/omraden/norra-djurgardsstaden/in-english/).
  4. Les pays nordiques ont toujours développé des démarches plus volontaires sur les aspects sociaux et environnementaux. Il est intéressant de constater que cela n’a pas été un frein à l’économie.

Daniel Loeffler, secrétaire général adjoint chargé des questions économiques, République et Canton de Genève 

  1. L'objectif était de prendre connaissance des politiques publiques relatives à la promotion de la durabilité de l'Allemagne, du Danemark et de la Suède. Le but était également d'étudier comment des entreprises de premier plan ont mis en œuvre les principes du développement durable. En outre, l'objectif visait à tirer des enseignements pour le soutien que l'Etat de Genève pourrait apporter aux entreprises du canton.
  2. Les échanges avec les différentes institutions et entreprises ont été fructueux et ont permis non seulement de se rendre de compte des enjeux relatifs à la mise en œuvre d'une approche visant à intégrer la durabilité dans les activités des entreprises mais également des écueils rencontrés et des erreurs à ne pas commettre.
  3. L'état d'esprit positif et volontaire des entrepreneurs et des représentants institutionnels rencontrés. Tous étaient à l'écoute et désireux de trouver des solutions aux différents problèmes abordés.
  4. Au niveau des entreprises rencontrées, le fort engagement de la direction à l'égard des objectifs du développement durable est à souligner. Par ailleurs, le développement de produits plus écoresponsables est soumis à de nombreuses contraintes et une culture d'entreprise intégrant le droit à l'erreur est essentielle. Au niveau des partenaires institutionnels, il est important de relever que ces derniers sont à l'écoute des différentes parties prenantes, aussi bien celles issues de la société civile que les entreprises.

 

Hélène Gache, directrice, Office de Promotion des Industries et des Technologies (OPI)

  1. Découvrir ce qu’est une délégation économique et ses objectifs, mieux connaitre le tissu économique des villes visitées et comprendre comment la durabilité y est traitée.
  2. Oui, pour Hambourg et Copenhague et au travers des présentations et des témoignages reçus.
  3. La visite du port de Hambourg car je trouve particulièrement enrichissant de visiter les infrastructures dans le cadre de tels voyages et cela doit primer sur les présentations formelles.
  4. Pas véritablement. Les enjeux de l’innovation et de la durabilité ont bien été présentés de manière similaire, notamment en ce qui concerne l’importance d’une mise en place d’indicateurs de performance pour valider les progrès. Il semble cependant que la notion d’économie circulaire soit moins mise en avant en tant que telle qu’à Genève.

 

Cédric Juillerat, Managing Director, Mylife

  1. Découvrir des pays du Nord que je ne connaissais pas ainsi que l'approche qui y est faite de ces enjeux fondamentaux de durabilité et d'innovation, et mieux connaitre certains acteurs importants et influents de l'économie genevoise (APRÈS, FTI, Fides, CCIG, Département de l'emploi et de l'économie ...).
  2. Oui, pleinement atteints.
  3. La rencontre avec le responsable durabilité, sincère et inspiré, de Lego, société danoise emblématique. Lego est confronté à un risque d'image dans le futur en raison du polymère plastique non recyclable de ses briques et de son modèle économique difficile à circulariser. Se pose donc aujourd'hui la question de l'étape suivante de la transformation profonde de la chaine de valeurs d'une entreprise alors qu'elle est déjà leader de sa branche en termes de durabilité.
  4. Pas vraiment, plutôt de l’avance sur certains sujets (Copenhague Carbon Neutral en 2025, la Suède pays de licornes depuis 2007…). Nous avons surtout constaté une façon plus ambitieuse de communiquer leurs objectifs et leurs succès. 

 

Caroline Hugon, responsable du Pôle économique, APRÈS

  1. En s’inscrivant à la mission économique, nous souhaitions partager avec les Membres de la CCIG afin de mieux connaître leurs enjeux mais aussi avoir l’opportunité d’échanger entre faîtières qui ont des positions certes différentes mais des défis communs en matière de durabilité. Aussi, notre but a été de mieux cerner les motivations et mises en place des politiques locales des villes et entreprises rencontrées en matière de défis environnementaux et d’innovation. Cela a permis de faire émerger des propositions pour l’économie sociale et solidaire pour soutenir ces pratiques à Genève.
  2. Les objectifs ont été atteints !
  3. S’il n’y a qu’un élément à retenir ce serait : une expérience très riche à renouveler pour les entreprises afin d’initier des collaborations de développement économique répondant aux défis de la transition.
  4. Les pays visités ont fait preuve de créativité pour développer des modèles économiques alliant innovation, croissance respectueuse et développement durable. Leur avance technologique (peut-être parce que, dès le plus jeune âge, les enfants sont « connectés » et parce que l’apprentissage didactique à l’école est basé sur du numérique ?) et un fort esprit entrepreneurial (multiculturel, « multi-talented people », tiers-lieu pour la « low tech », partenariat privé, public /privé) ont permis de développer des entreprises à succès comme Lego, de nombreuses licornes ou des plus petites structures à forte proposition de valeur.

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